En traduisant Stelian Tanase : Corpuri de iluminat

Stelian Tănase | September 30, 2008
Critic: Jean Harris
Translated by: Marily Le Nir

 

Chaque fois que je traduis un texte du roumain, je prends conscience de traduire, en fait, un contexte culturel. Il en est de même pour tous les traducteurs. Un texte en langue française (ou chinoise ou araméenne) existe à partir de coordonnées culturelles, et si l’alchimie et la logistique de l’acte de traduire sont adéquates, il arrivera qu’un frisson francophone traverse le texte anglo-américain - c’est du moins ce qu’espère le traducteur.

   Dans le cas de la littérature roumaine, la situation est encore bien plus délicate. Vue au sens large et tout à fait non-littéraire, la culture roumaine est, de toute évidence, terra incognita pour l’Américain moyen.

   Par conséquent, le traducteur se voit imposer une mission doublement difficile : communiquer les divers aspects culturels spécifiques (inhérents au texte), tout en aspirant à se mettre dans la peau d’un lecteur américain idéal - une tentative proche de celle de trouver des parents adoptifs parfaits pour un enfant né dans un espace tout à fait différent et déjà acclimaté à la culture de cet espace.

   Thèse : un roman doit s’insinuer dans les lecteurs sans avoir à recourir à des explications.

   Antithèse : il est tout aussi vrai que les Américains lisent la littérature  britannique et américaine soutenus par tout un arsenal livresque, historique et culturel.

   On peut avancer des arguments plausibles de part et d’autre. Il se pourrait que le réalisme magique des latino-américains - qui se passe de toute annotation- ait « gâté » le lecteur américain.

   Mais s’il s’agit de Dostoïevski, il faut - pour le lire- faire appel  à une quantité de notes de bas de page.

   Dans tous les cas, j’ai du mal, en ce qui me concerne, à réfréner les penchants de ‘tantine aux petits soins’ que ces questions suscitent en moi et je pense qu’il y a tout de même un certain nombre de choses qu’il serait bon d’expliquer au lecteur de littérature roumaine.

   Description générale : les Roumains sont ouverts, sociables. On peut tout apprendre sur son interlocuteur dans les cinq premières minutes de conversation et il attend de vous que vous en fassiez autant.

   Le récit anecdotique auto-révélateur est un trait distinctif des contacts sociaux et valable pour tous, du paysan au sénateur en passant par le chauffeur de taxi.

   L’étranger arrivant en Roumanie remarque immédiatement cette tendance accentuée à révéler ce que l’on est et d’où l’on vient (et ce, jusqu’aux grands parents pour le moins), associée au goût de l’évocation de souvenirs, prodigués  en abondance  et sans grande discrétion.

   Une fête roumaine typique n’est pas l’occasion d’alimenter un statut social. On connaît, de part et d’autre, la parenté et ses problèmes. Les gens s’organisent rapidement en groupes formant un tout. Il faudrait un manuel d’anthropologie pour expliquer ce phénomène, mais l’histoire n’est pas étrangère à la création de cette situation. Si je mentionne tout ceci, c’est que les mœurs et les écrits sont mus par un seul et même mécanisme.

 Conclusion : La Roumanie est la capitale des histoires.

  Dans cette perspective, le roman (et ses antécédents de Homère à nos jours) suit la progression d’un individu dans une société qui change dans telle ou telle direction.

   Nous lisons, pour voir, entre autres, comment l’individu s’implique dans le réseau social. L’élément de signification sociale contribue à élever le texte au dessus du  niveau du commérage ou du kitsch. Ce n’est pas un hasard, par exemple, si l’apogée du roman britannique coïncide avec le rejet des valeurs rurales et la création de l’industrie et de la classe ouvrière. Dickens et Trollope sont les deux faces de la même médaille et leur thématique est celle de la démarche de l’individu dans une société soumise à des transformations sociales de plus en plus rapides. Accélérez cette transformation et vous vous retrouverez en pleine fragmentation postmoderne. A une différence près, la Roumanie n’étant pas la Grande Bretagne, le mécanisme des transformations sociales a fonctionné, ici, sur le mode balkanique.

 

   Si ce pays est une capitale mondiale des histoires, c’est parce que nous sommes dans la capitale mondiale des changements de régime.

  La fête commence  vers le premier siècle après J.C. au moment de la conquête des Romains, vainqueurs des Daces.  Au Moyen Age, les Roumains sont établis sur le territoire de trois Principautés : la Transylvanie, la Moldavie et la Valachie -chacune ayant à se confronter à des adversaires de dimension impériale- l’Autriche-Hongrie à l’ouest, la Russie à l’est et l’Empire ottoman au sud. L’histoire de la Roumanie est donc celle des tentatives de se soustraire à la domination des empires voisins. C’est aussi celle des princes roumains se massacrant réciproquement pour gouverner les espaces disponibles. C’est l’histoire de territoires perdus et gagnés. L’histoire de la sauvegarde d’une identité culturelle, celle de l’unification finale.

   Rappelons quelques dates : en 1859 la Valachie et la Moldavie sont unies grâce à une manœuvre  habile, aux allures de bluff : les deux principautés élisent le même souverain. En 1877, le roi Carol I-er gagne la Guerre d’Indépendance  contre les Turcs. Entre 1877 et 1914, la Roumanie connaît quelques décennies de consolidation et devient un état moderne, enregistrant des progrès dans l’industrie, l’agriculture, l’éducation. C’est aussi une période d’épanouissement de la littérature roumaine moderne. La fin de la Première Guerre mondiale amène l’Union avec la Transylvanie. La Roumanie va faire d’énormes progrès économiques et culturels dans la période de l’Entre -deux- guerres, malgré l’ombre portée par l’extension du fascisme européen.

  La Bessarabie est occupée par l’URSS en juin 1940, suite au pacte Molotov- Ribbentrop. Le 30 août 1940, le Diktat de Vienne cède à la Hongrie une vaste partie de la Transylvanie. Victime des grandes puissances, la Roumanie est amputée d’un tiers de son territoire. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie, abandonnée par les Alliés, entre en guerre au côté de l’Allemagne jusqu’en 1944, quand intervient un renversement des alliances, suite à une insurrection armée, soutenue par le roi Michel I-er.

 De 1945 à 1958 les troupes soviétiques occupent la Roumanie. Après l’abdication forcée du roi Michel, le 31 décembre 1947, la Roumanie entre dans la période noire du stalinisme qui décime le pays. A tous les niveaux les administrations sont amputées. « Les élites » disparaissent. La terreur se poursuit jusqu’en 1965. La mort de Gheorghiu-Dej ouvre la voie à Nicolae Ceausescu qui inaugure une période de détente d’environ six ans.

  En 1971, il fait un voyage en Chine, où le totalitarisme  à l’asiatique le fascine. Son programme de réorganisation générale et de constructions entraîne la mutilation des villes roumaines, l’effondrement économique au cours des années ’80, et un style de culte de la personnalité de type nord-coréen.

   Décembre 1989 : les Roumains déclenchent la seule révolution sanglante d’Europe de l’Est.

  Au niveau culturel, citons parmi les conséquences :

    - un combat séculaire pour la défense du christianisme- et de l’Europe- face à l’invasion de l’Islam.

 - le développement d’une vie souterraine face aux empires, puis face aux dictateurs.

- le sentiment d’être pris au piège, ce qui génère la sensation commune que le salut vient d’un autre monde et ne peut être vécu que dans ce monde-là, ou, dans le cas des surréalistes, dans un monde alternatif.

 - des efforts massifs pour conserver une identité nationale- dont celui de maintenir la latinité de la langue roumaine - en gardant une langue romaine proche du latin des troupes conquérantes, dans un environnement slave.[1]

 - manifestation du « roumanisme » par la création d’une langue idiomatiquement riche - cette spectaculaire réussite idiomatique consolide, je crois, la conscience d’une intimité, de l’appartenance à une culture- tout comme l’argot prouve l’affiliation à un groupe déterminé.

    Ces affirmations exigeraient une argumentation, objet d’essais pour lesquels nous n’avons, ici, ni le temps, ni la place nécessaires.

   En dernière instance, ce qui compte, c’est que le problème roumain a toujours été « comment survivre », souvent « comment ne pas mourir », parfois « comment mourir », ce qui a conduit à trouver une attitude spirituelle qui fasse de la mort une amie. Dans un tel contexte, l’histoire devient un équivalent du salut à divers niveaux.

   Tout d’abord - moyen de conserver l’identité collective en transformant les « cultes » en  réalisations de « folklore » et d’art et par la transmission usuelle presque inconsciente[2]

            - deuxièmement, ici, comme partout, l’histoire existe en tant que mode d’affirmation de l’existence individuelle. Avec cette différence, qu’en Roumanie le « sujet » de l’histoire a une intensité accrue. L’histoire explose tout simplement. D’une manière ou d’une autre. Avec un maximum d’intensité. Un maximum de pression. La littérature et la vie génèrent une suite infinie d’exemples. L’idée fondamentale  serait : je me souviens, donc j’existe.

        - troisièmement, l’histoire peut se manifester dans la conscience roumaine comme «  seul moyen de s’en sortir » d’un piège, et non au sens de Shéhérazade.

   Un exemple primordial : dans la ballade « Miorita » (l’Agnelle) qui occupe une place sacrée dans la culture/folklore/ littérature/ de la Roumanie, un berger, apprenant sa mort imminente construit un beau mensonge (un « vrai » mensonge) de mariage cosmique pour soulager la douleur  de ses survivants.

    Jusque là tout est bel et bon. Mais quand il s’agit de Stelian Tanase, je suis saisie d’une sorte de vertige - une sensation de trouble, comme si tout était passé par un mécanisme dévorant : hachoir, robot de cuisine, table de montage- mélangeant tout dans un discontinu spatio-temporel.

    Dans « Corpuri de iluminat » (« Dark Bodies »- pour la traduction en anglais, et « Bucarest Blues » titre provisoire de la version française), Stelian Tanase traduit la culture et les éléments littéraires traditionnels dans un espace d’improvisation subjective.

   Non sans raison. Stelian Tanase, né à Bucarest, s’est marié alors qu’il était encore étudiant ; en 1977 il obtient ses diplômes universitaires et occupe un poste de professeur en zone rurale pendant un an, au bout duquel il se retrouve sans travail. « J’avais découvert à la fac. la littérature « libérale ». J’en parlais assez ouvertement  avec mes amis, je voulais écrire une histoire sur le stalinisme, et la Securitate en a eu vent. J’ai été placé sous surveillance, mon téléphone mis sur écoute, et de 1983 à 1989 je n’ai cessé d’avoir des « incidents » de toute sorte. »[3]

   Marginalisé, ayant un « dossier » qui ne lui permettait d’occuper aucun poste, sous surveillance constante de la Securitate, il subsiste en faisant l’impresario pour des groupes de jazz dans le monde souterrain de Bucarest.

   Il parvient toutefois à publier en 1982 un premier roman « Luxul melancoliei » (Le luxe de la mélancolie), mais la censure interdit la publication de son deuxième roman : «  Corpuri de iluminat ».

   Il mène une existence précaire au jour le jour. Son honneur littéraire entre en jeu : « Bien que mes deux livres aient été censurés, j’ai refusé de céder, de modifier, de faire des coupures, comme cela se faisait couramment. Je n’ai pas pu faire de compromis, j’ai ajourné, dans l’espoir que les choses changent. La libéralisation n’est pas intervenue - ce fut la révolution, qui m’a trouvé avec  deux livres non publiés. »[4]*

   La biographie  ne peut expliquer l’art. Si ce n’est que l’art traduit le milieu dans lequel on vit et  révèle donc directement la culture dans laquelle on a vécu.

  Par exemple Sandu, le héros du roman «  Corpuri de iluminat », musicien de jazz, pianiste, rocker à l’occasion, un type souffrant d’une forme aigue de « blues ». Puis le jeune personnage de Pia : intelligente, névrosée, charmante, sirène bucarestoise, encline au bovarysme, femme fatale. Elle a des taches de rousseur. Elle porte des lunettes. Le roman évolue en spirales et  accumulations : l’essence du jeu n’est nullement une narration linéaire. La structure du « blues » suppose un retour. Stelian Tanase écrit donc en accord avec la musique pratiquée par son héros.

   « Tant qu’il n’improvisait pas, tant qu’il s’en tenait au thème du blues et qu’il le répétait, afin qu’il s’imprime dans les oreilles, obsédant, on pouvait le voir, concrètement, avec ses doigts pareils à des chauve-souris affamées volant au ras du clavier, martelant, de ça de là, un dièse, une septième, comme un cri.  Mais s’il se penchait un peu, se mettait à observer les cordes croisées, intrigué par la configuration des accords dans les petits marteaux qui se dressaient tour à tour, c’est qu’il s’était détaché et Pia n’y comprenait plus rien. Il était englouti par une sorte de miracle agaçant et elle se sentait seule, comme si Sandu l’avait abandonnée et cela l’épouvantait. »

   C’est un roman dans lequel les impressions sonores ont une grande importance, avec les improvisations et le côté intrigant des cordes croisées. Replacé dans des improvisations au  niveau de la langue, de la narration et des comportements, « Corpuri de iluminat » est cependant un roman sur les histoires roumaines.

   Dans un monde de délateurs, le fait de vous faire parler de choses personnelles signifie ajouter quelques pages à votre « dossier ».

 Situation typique : Sandu quitte son appartement. Sur le palier, il rencontre « Madam’ Elvira, du troisième, grasse, fardée, décolorée, elle montait en soufflant péniblement. »

   Il lui dit aller à un concert et Elvira de répondre : «  Et quel concert, si ce n’est pas indiscret ? Je n’ai vu aucune affiche, rien entendu à la radio. Vous donnez un récital de piano ? Ah oui, vous faites du jazz, M’sieur Fànus m’en a parlé. Il était curieux de savoir comment vous vous débrouillez, de quoi vous vivez, si vous recevez des visites, quelles sont vos allées et venues »- tout ceci au milieu  d’histoires de la vie amoureuse de madam’ Elvira et ponctué par une insistante invitation à dîner.

   Une simple discussion sur un programme d’activités dégénère en paroles creuses, culminant dans un ironique hommage au régime.

 «  Allez, entamons donc les conciliabules, car aujourd’hui, messieurs, c’est une journée faste. J’ai de grands projets, nous allons parcourir les villes, nous garnirons les murs d’affiches, nous rassemblerons des foules dans les stades, nous gagnerons de l’argent, Messieurs, car l’argent fait bouger le monde. Nous offrirons aux honnêtes payeurs notre marchandise de première, quelques instants d’oubli de soi. Partout, où l’on se heurte à une existence grisâtre, on trouve de l’argent pour des mises en scène et des plaisirs bon marché, à la porté de l’homme simple que nous aimons tant et auquel nous sacrifions notre talent, notre amour, notre énergie, nos idéaux, nous nous agenouillons à ses pieds et nous lui demandons pardon, la tête dans la poussière. Nous le servirons jusqu’à ce que Dieu ferme notre compte et nous accueille parmi ses bienheureux. Vous serez d’accord avec moi, je pense, si je proclame au milieu de ces instruments sophistiqués, que nous n’oublierons jamais notre mission : faire glisser un rayon de lumière entre les mains calleuses des travailleurs, des dactylos, des soldats... D’accord, mes jeunes amis, je suis persuadé que nous allons nous entendre et qu’un sentiment fraternel nous unira.

 Eh bien, après cette introduction, passons aux affaires ! »

 

   Seuls les déclassés ont accès à l’histoire comme moyen de cohésion du groupe : «  Il y en a un qui sort la bouteille de vodka de son blouson et la passe à Ovi, Ovi à Lefter, à Sandu, à Relu. Felix se pointe - à moi aussi une gorgée. La nuit les surprend dans la salle de répétition à bâtir des projets, échauffés, se rappelant d’anciens shows, les ennuis avec les instruments qui se déglinguent quand l’ambiance est au top, les histoires de chefaillons locaux, de billets invendus. Des ragots de leur petit univers- musiciens, impresarios, danseuses, directeurs de théâtre, fans, chauffeurs, porteurs, et  le reste - tout un monde avec ses lois et ses personnages...

 La nouvelle du départ, des répétitions, l’idée d’apparaître sur scène les animait, les rendait bavards- plus question de rentrer « à la maison ». La nuit était tombée et eux, toujours là, avec le magnéto en sourdine, vomissant du blues, du rock, parmi les petites lumières de la table de mixage scintillant, magiques.

  Ils se connaissaient bien, ils avaient les mêmes habitudes, manies, goûts, ils étaient seuls, ils s’étaient retrouvés dans cette affaire, une fois chassés des bureaux. C’était du provisoire qui durait toute une vie. Ils ne menaient pas l’existence quelconque des autres, au contraire, il leur arrivait toujours quelque chose. Ils n’avaient pas l’assurance du lendemain et c’est ce qui les rendait aussi indomptés, aussi orgueilleux. »

  Les personnages sont prisonniers d’un piège politique autant que métaphysique. C’est la signification du chapitre traduit qui accompagne cet essai : «  Tu ne sauras jamais ce qui t’arrive, si par hasard les dieux patients te regardent et te vouent à disparaître. »

  Le rêve « mioritique » d’un cosmos bienveillant a disparu. Nous marchons en aveugles dans un univers gnostique, marionnettes de dieux tout aussi aveugles.

 D’où le drame central du deuxième chapitre. Sandu et Pia se réfugient dans l’abri typiquement roumain : l’univers alternatif de la belle histoire. Mais cette fois, ça ne marche pas. Cela ne suffit pas. Voilà leur tragédie.

 

      Ainsi donc, « Corpuri de iluminat » est un « blues » en tonalité mineure. Mais c’est bien plus encore. Il est international, joycien, original. A propos de Joyce, « Ulysse », une œuvre écrite « de l’intérieur », représente l’accomplissement du désir suprême de Stefan Dedalus : partir à l’étranger et donner forme à la conscience incréée des siens. Dans le cas de Stelian Tanase, nous avons affaire à une sorte d’exil interne - une extériorité écrite de l’intérieur. Nous ne nous trouvons plus à l’intérieur d’une histoire, mais dans un espace différent. «  Le roman qui suscite notre intérêt », écrit Julio Cortazar,   « n’est pas celui qui met les personnages dans une situation donnée, c’est plutôt celui  qui met la situation dans les personnages. Grâce à ce procédé, ils cessent d’être des personnages pour devenir des personnes.  Il y a une sorte d’extrapolation qui les fait sortir de la page pour venir à la rencontre du lecteur, ou bien le lecteur vient à leur rencontre. K, le personnage de Kafka porte le même nom que son lecteur et vice-versa »[5]

    Nous dépassons ainsi la littérature pour pénétrer dans la vie. Autrement dit, la littérature opère une extension : le piège de l’un devient  notre piège à tous.



[1] Par exemple: à une période où les chars soviétiques  étaient présents en Roumanie et où de grands efforts étaient déployés pour supprimer tout ce qui pouvait l’être du caractère latin de la langue ( orthographe, etc.), à Pitesti, ville natale de mon mari, non loin d’une prison stalinienne devenue tristement célèbre pour ses méthodes de « rééducation », plus qu’aux cow-boys et aux indiens, les enfants jouaient aux DACES et aux ROMAINS, sans que personne n’y trouve à redire. Très clairement, leur narration en action renouvelait les séquences essentielles de la fondation de l’identité roumaine, issue du mélange de deux peuples, dans une région aux riches ressources naturelles où les empires se disputaient une position stratégique.

 

[3]  Extraits d’une interview  de Stelian Tanase accordée à Rodica Nicolae et publiée sous le titre : « Je suis un homme libre » dans la revue « Cariere » en août 2003

[4]Le Cv récent de Stelian.Tanase  mentionne que l’auteur est  romancier, essayiste, auteur de  scénarios, historien, professeur  de Sciences Politiques, membre de la société Woodrow Wilson, homme de télévision- il anime, en particulier, toutes les semaines, une émission politico-satirique avec le poète Mircea Dinescu.

[5] Extrait de “Hopscotch”. Trad. Anglaise de Gregory Rabassa. Random House, 1967

 

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This July, The Observer Translation Project leaves its usual format to present a special CRISIS ISSUE. Things are tough all over. Hard Times suddenly feels like the book of the moment. The global economic crisis impacts life as we know it, and viewed from Bucharest the effects reverberate in domains that include geo-politics and publishing in Romania and abroad, with the crisis at The Observer Translation Project as an instance of a universal phenomenon. read more...

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Author: Vasile Ernu
Translated by: Monika Oslaj

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